Déchets : un bilan 2024 très encombrant

La gestion des déchets sur un territoire insulaire est une vraie problématique. L’augmentation constante des volumes à traiter implique de trouver des solutions, rapidement, et ce pour chaque type de déchets. Tour d’horizon des problématiques et des solutions mises en place ou à venir.
45 000 tonnes de déchets sont produites annuellement par les habitants et les entreprises de Saint-Martin. Cela représente 1380 kg de déchets par habitant et par an ; un ratio qui s’explique en grande partie par les flux touristiques importants *.
Des déchets ménagers toujours plus nombreux
L’année dernière VERDE SXM a pris en charge le traitement de 1 600 tonnes d’ordures ménagères résiduelles et 11 000 tonnes de Déchets Industriels Banals (encombrants). Ces déchets sont enfouis dans l’Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux (ISDND) qui est arrivée à saturation.
Un nouveau casier de stockage, d’une capacité prévisionnelle de 42 200 m3 a été réalisé et est opérationnel depuis février dernier. Les travaux de ce nouveau casier ont coûté 2 620 000 €, et ont été financés par la Collectivité sur les recettes de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. La durée d’exploitation de ce casier est estimée à plus ou moins deux ans, selon les quantités à enfouir. La Collectivité, dans le cadre de son Plan de prévention et de gestion des déchets, prévoit en 2026 la réalisation d’un autre casier de stockage qui serait exploitable sur cinq ans.
Le projet de l’Unité de Valorisation Énergétique, permettant de s’affranchir de l’enfouissement des déchets tout en produisant de l’électricité, pourrait constituer une alternative et contribuer à une gestion plus durable des déchets sur le long terme. Ce projet dont on parle depuis 2019 pourrait enfin voir le jour à l’horizon 2027.
4000 tonnes de gravats et 788 véhicules hors d’usage
En 2024, Verde SXM a traité 4 000 tonnes de gravats. Grâce à un processus de concassage, ces gravats sont désormais réutilisés localement comme matériaux de construction. Cela permet non seulement de réduire les besoins en nouveaux matériaux, mais aussi de limiter l’impact environnemental lié au transport et à l’extraction de ressources.
Par ailleurs, sur un an, ce sont 788 véhicules hors d’usage (VHU), qui ont dû être dépollués et recyclés. 97% des matériaux (moteurs, jantes, pare-chocs, faisceaux électriques, huiles et pneus) sont exportés en métropole pour un traitement spécialisé, et les carcasses métalliques sont compactées et expédiées en Belgique, où elles sont fondues pour être réutilisées dans de nouveaux produits. Le site est équipé pour traiter jusqu’à 1200 VHU par an.
Les Sargasses impactent les volumes de déchets verts
La quantité de déchets verts est, elle aussi, en constante augmentation. Sur l’année 2024, Verde SXM a traité 4 000 tonnes provenant de la Collectivité, 3 300 tonnes amenées par les professionnels, 10 000 tonnes de sargasses et 400 tonnes de boues des stations d’épuration. Les déchets verts sont broyés et utilisés pour du recouvrement en paillage, contribuant à l’aménagement paysager durable. Le reste est mélangé aux boues pour produire du compost.
Le rôle important des éco-organismes
Les éco-organismes, mandatés par l’État et financés par l’écotaxe payée par les metteurs en marché et par les consommateurs lors de l’achat, permettent de retraiter les déchets ; 14 types différents actuellement, pour être précis. L’apport de ces déchets ciblés à l’éco-site est par conséquent gratuit pour les professionnels.
Lors du conseil exécutif de la semaine dernière, la Collectivité a concrétisé la convention avec Cyclevia pour les huiles minérales et synthétiques ; déjà collectées et traitées sur l’éco-site de manière gratuite pour les professionnels.
Et pour les fumeurs, plus d’excuses, d’autant qu’un arrêté territorial va bientôt sanctionner le jet de mégots ! Le partenariat signé par la Collectivité avec l’éco-organisme Alcome, va permettre jusqu’en 2027 d’initier des opérations de sensibilisation, mais aussi d’installer des cendriers un peu partout. Alcome prévoit, par tranche de 1000 habitants, un cendrier de rue et un financement jusqu’à 250 € ainsi qu’une dotation annuelle de 50 cendriers de poche.
Ce bilan met en exergue toute l’importance de changer nos habitudes de consommation, de réduire au maximum la production de déchets, et surtout de trier et d’apporter au bon endroit : déchetterie de Galisbay (particuliers et petites entreprises - 1m3 par semaine maximum) et éco-site de Grandes Cayes (professionnels).
Les bornes d’apport volontaires permettent déjà de mieux trier, donc de mieux recycler, et les nouvelles alvéoles en cours d’installation vont bientôt permettre de trier également les encombrants (pas l’électroménager !) et les déchets verts (sans le sac plastique !).
